Gilles Bachelet distingué par la Grande Ourse

Gilles Bachelet distingué par la Grande Ourse

Cette nouvelle distinction récompense un artiste dont la créativité marque durablement la littérature jeunesse… comme Gilles Bachelet

De l’audace, il en a. De la créativité aussi. Quant à sa malice et sa fantaisie, quels délices ! Gilles Bachelet, celui qui a osé dessiner son chat en éléphant, a reçu, mercredi 20 novembre, La Grande Ourse.

Cette nouvelle distinction à vocation internationale récompense un ou une artiste dont l’ensemble de l’œuvre marque durablement la littérature jeunesse. Elle est attribuée par le Salon du livre et de la presse jeunesse (SLPJ) et sera désormais décernée chaque 20 novembre.

Gilles Bachelet a trouvé dans la littérature jeunesse un terrain de créativité qu’il explore depuis presque vingt ans pour le plus grand plaisir des petits et des grands. Je l’avais rencontré à Montreuil en décembre 2018 pour La Revue des parents, le magazine de la FCPE pour écrire son portrait (à lire ci-dessous).

La malice de Gilles Bachelet n’en finit pas de surprendre

Il aurait aimé devenir vétérinaire mais il n’avait pas le profil scientifique. Il a donc passé un bac philo. Quant aux animaux, faute de pouvoir les soigner, il les dessine. Sous son pinceau, son chat Réglisse se métamorphose en un pachyderme et devient un best-seller en littérature jeunesse.

Je baignais dans un milieu d’artistes

Gilles Bachelet, 66 ans, regard masqué par une paire de lunettes ronde, cheveux rebelles, sourire discret, est devenu illustrateur en suivant « un plan B, pas du tout exotique. Je baignais dans un milieu d’artistes. J’ai donc passé le concours de l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris. Je l’ai eu au bout de la deuxième tentative », précise-t-il.

© Gilles Bachelet, Des nouvelles de mon chat, Seuil jeunesse, 2009

Ce plan B, Gilles Bachelet ne le regrette pas. Grâce à son professeur d’illustration, Alain Le Foll, il trouve son style. « Un jour, il m’a dit : « Là, c’est toi » ». Philippe Weisbecker, un autre professeur lui ouvre son carnet d’adresses. « Au début des années 1980, c’était facile d’obtenir des commandes. » Il collabore dès sa sortie des arts déco pour la presse adulte et jeunesse, sans faire le distinguo entre les deux. « J’étais illustrateur. »

Ce qui me plaît le plus, le rapport entre le texte et l’image

Une vingtaine d’années plus tard, il devient auteur-illustrateur en littérature jeunesse. « Je venais de décrocher un poste d’enseignant à l’École supérieure d’art de Cambrai. Cela m’a libéré des commandes et je pouvais à côté me consacrer aux albums pour les enfants. En littérature jeunesse, les auteurs illustrateurs disposent d’un véritable espace de liberté. La diversité cohabite sans courant. Ce qui me plaît le plus, c’est le rapport entre le texte et l’image. »

Son premier album, Le Singe à Buffon, est publié en 2002. Deux ans plus tard, c’est la consécration avec Le Chat le plus bête du monde. « Patrick Couratin, mon éditeur de l’époque et ami, l’avait pressenti. En revenant de l’imprimerie, il a dit : « On n’est pas à l’abri d’un succès » ».

Je dessine très mal les humains

Le dessin de Gilles Bachelet, classique et à l’aquarelle, met en scène des personnages farfelus, bourrés de fantaisies, allant de l’animal (L’escargot Chevalier ventre-à-terre, Madame le lapin blanc) aux objets (Une histoire d’amour entre deux gants en caoutchouc) en passant par les légumes (Champignon Bonaparte). « Je dessine très mal les humains », s’excuse-t-il.

Gilles Bachelet © Seuil Jeunesse

Ses illustrations fourmillent de détails, d’objets fétiches (la carotte) et de références. Elles proposent plusieurs niveaux de lecture et donnent autant de plaisir aux grands qu’aux petits qui voient souvent ce qui échappe aux adultes. Quant à son style, il se distingue par un humour décalé et délirant.

Le contraste avec sa personne, réservée et tendre, voire un peu fragile, déstabilise. « Je ne suis pas très exubérant. Quand on est timide, la repartie décalée ne vient pas tout de suite », admet-il tout en ajoutant avec une pointe de malice dans les yeux : « Un jour mon fils m’a dit : “Papa, t’es drôle que dans tes livres.” » Depuis qu’il est inscrit sur les réseaux sociaux, il est aussi irrésistible sur son compte Facebook. « Et encore, je me suis calmé. »

Papa, t’es drôle que dans tes livres

Son dernier album, XOX et OXO, sorti « à l’arrache, par fainéantise, la peur de rater et le besoin d’adrénaline », juste avant le Salon du livre et de la presse jeunesse à Montreuil, propose une réflexion sur l’utilité des objets et l’art contemporain. Pour la première fois, il se « rapproche un peu des humains » en mettant en scène deux extraterrestres qui s’ennuient ferme sur leur planète… Mais pas de panique, avec Gilles Bachelet, ça ne dure pas !

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