Que lisaient nos aïeuls quand ils étaient enfants ?

Que lisaient nos aïeuls quand ils étaient enfants ?

Voici une sélection de livres pour enfants, parus entre 1862 et 1931, collectés sur le site Gallica de la Bibliothèque nationale de France

Las de lire toujours les mêmes albums aux enfants ? Pourquoi ne pas faire une petite diversion en se mettant en quête des livres que lisaient nos (arrière)-arrière-arrière-grands-parents en attendant que les bibliothèques rouvrent au public ? « Les œuvres tombent dans le domaine public, soixante-dix ans après la mort de leurs auteurs, rappelle Virginie Meyer, chargée de la numérisation au Centre national de la littérature jeunesse à la Bibliothèque nationale de France (BNF). Aujourd’hui, le site Gallica compte environ 7 600 livres pour enfants numérisés. »

Parmi eux, de nombreux contes illustrés. Rares et très onéreux à l’époque, ces livres s’adressaient à une clientèle bourgeoise, comme les contes de Charles Perrault illustrés par Gustave Doré (édités et préfacés en 1862 par P.-J. Stahl pseudonyme de Pierre-Jules Hetzel). Le visionner sur écran est l’occasion de (re)découvrir les dessins en noir et blanc de l’illustrateur qui a occupé une place centrale dans la culture visuelle du XIXe siècle et qui est une référence pour les artistes contemporains.

Le petit chaperon rouge illustré par Gustave Doré.

En 1862, l’éditeur Pierre-Jules Hetzel publie également La Journée de Mademoiselle Lili, premier titre d’une série. Les dessins croquent le quotidien d’une petite fille et le texte les commente (illustrations Frölich, texte par un papa éditeur P.-J. Hetzel). « Il faut replacer le texte dans son époque, prévient Virginie Meyer. Il y a des choses qui ne sont plus politiquement correctes aujourd’hui. »

La Journée de mademoiselle Lili.

À la fin du XIXe siècle, le terme bébé désigne des enfants en âge d’apprendre à lire (4-6 ans), en témoigne l’abécédaire Bébé saura bientôt lire de Madame Doucet (édité par T. Lefèvre en 1874). « Lentement, au cours du XXe siècle, on voit émerger le souci de s’adresser à des enfants plus jeunes », explique Virgine Meyer.

L’abécédaire Bébé saura bientôt lire.

André Hellé, peintre, dessinateur humoristique et publicitaire mais aussi décorateur de théâtre, commence à créer pour les enfants vers 1904. Sa Boîte à joujoux, un ballet illustré qui sera mis en musique par Claude Debussy en 1913, « conte le destin de jouets qui s’échappent de leur boîte pendant la nuit et d’une histoire d’amour triangulaire entre un soldat, une poupée et un polichinelle querelleur », résume Virginie Meyer. En 1926, La Boîte à joujoux devient un livre pour enfants à part entière (A. Tolmer, 1926).

La Boîte à joujoux.

« L’esthétique d’André Hellé se caractérise par des formes simplifiées, cernées d’un trait noir et coloriées en aplats de couleurs mates », précise Virginie Meyer. L’artiste conçoit aussi ses livres dans leur intégralité (texte, images, maquette) comme L’arche de Noé (Garnier frères 1925) ou Les Films pour tout-petits, sans texte mais avec beaucoup d’humour (Garnier frères 1924).

Benjamin Rabier, le créateur de LaVache qui rit® , va lui aussi mettre son talent d’artiste à multiples facettes au service des enfants avec près de 250 albums pour la jeunesse. Il doit son succès notamment à ses animaux à qui il donne des expressions humaines comme Gédéon (Garnier frères 1930).

Enfin, difficile de terminer ce petit tour d’horizon sans évoquer le roi des éléphants et son auteur, Jean de Brunhoff, qui ont révolutionné l’album français : format imposant, rythme, utilisation de la double page, rapport texte image… En 1931, L’Histoire de Babar, le petit éléphant est un album très novateur.

Article paru dans le journal Ouest-France le 14 avril 2020 et sur le site Internet.

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