Au revoir Maurice Sendak

L’auteur américain de Max et les maximonstres est mort le 8 mai à l’âge de 83 ans.

J’aurais pu découvrir ce livre enfant (la version française date de 1973) mais je l’ai lu une fois maman. Un cadeau fait à mon fils avec cette indication « un classique de la littérature jeunesse ».

A l’époque, j’étais encore novice et je ne m’intéressais à la littérature jeunesse qu’à travers les lectures que je faisais à mes enfants (ce qui n’était déjà pas mal mais j’étais encore loin de mesurer toute la richesse qui existait dans les rayons).

Je me souviens très bien de ma lecture à voix haute de Max et les maximonstres et de mon étonnement. Tiens, il y a des anti-héros dans des albums pour enfant ? Je dois l’admettre, j’étais un peu bousculée, dérangée. De quoi avais-je peur ? Que mon fils imite Max ? Pour tout dire, il ne l’a pas attendu pour piquer des colères et en vouloir à la terre entière.

Et puis, comme tous les livres qui secouent, j’y ai pensé longtemps et j’ai réalisé la profondeur du propos, la double lecture possible et l’intérêt d’un tel livre comprenant mieux l’expression : les livres aident à grandir. Depuis, j’ai vu le film que j’ai adoré comme d’autres l’ont détesté.

Il y a des livres qui racontent des histoires d’enfants qui sont représentés comme les adultes aimeraient qu’ils soient et d’autres qui les montrent comme ils sont vraiment. Pas forcément des anges et avec des sentiments ambivalents et chaotiques, difficiles à canaliser. Comme Max et les maximonstres qui, inconsciemment, a joué un rôle majeur dans mon attirance pour la littérature jeunesse.

Il m’a fait prendre aussi conscience du rôle des parents en tant que prescripteurs qui parfois oublient les enfants qu’ils ont été et rejettent vite tous livres qui ne rentrent pas dans leurs critères moraux ou qui les dérangent par leurs propos. Dommage.

Personnellement, je fais partie de ceux qui pensent que l’on peut parler de tout aux enfants mais pas n’importe comment. Et si le respect et la sensibilté sont là, il ne manque plus alors que le talent. Maurice Sendak avait tout ça.

 

L'école des loisirs
Max et les maximonstres, Maurice Sendak, L'école des loisirs, 42 pages, 12,70 €. Dès 5 ans.

Revue de presse

Selon le New York Times, il aura « libéré les livres illustrés du monde aseptisé et rassurant de la garderie d’enfants pour les plonger dans les recoins sombres, effrayants et magnifiques de la psyché humaine ».

« Chaque parent doit être un peu en deuil aujourd’hui et, pour chaque enfant ayant grandi avec ce livre, Max et les Maximonstres, c’est un triste jour », a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche.

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