Alma, le vent se lève, Timothée de Fombelle, Gallimard jeunesse

Alma, le vent se lève, Timothée de Fombelle, Gallimard jeunesse

Alma, le vent se lève, premier volet d’une trilogie romanesque sur fond d’esclavage, raconte le déracinement et l’exil avec réalisme. S’y ajoutent l’Afrique et le souffle de l’aventure… Un récit vibrant et dense

Le déracinement et l’exil, omniprésents dans Tobie, Vango et Perle, sont des thèmes chers à Timothée de Fombelle. Ce n’est donc pas surprenant qu’Alma, Le Vente se lève commence en Afrique de l’Ouest. Ce premier volet d’une trilogie d’aventures sur fond d’esclavage et des premiers pas vers l’abolition, paru le 11 juin aux éditions Gallimard jeunesse, raconte les douze millions de victimes de la traite atlantique, déracinés, à travers le destin d’Alma, africaine et survivante du peuple Oko.

Au début du roman, Alma n’est encore qu’une adolescente entourée d’une famille bienveillante. Elle vit en osmose avec la nature dans une vallée protégée. Un petit paradis qui convoque les cinq sens du lecteur avec acuité, mais un petit paradis bientôt perdu. Lam, le petit frère d’Alma disparaît. Le fragile équilibre est rompu et la bulle familiale éclate.

Le premier déracinement, c’est le départ de la vallée : Lam, au dos d’un cheval, pour voir le monde au-delà des limites ; Alma, à bord d’une pirogue, pour retrouver son frère ; leur père, à la nage, pour ramener Lam et le mettre en sécurité ; leur mère et leur grand frère, capturés par des chasseurs d’esclave, pour être vendus.

La barbarie de l’esclavage

Le second déracinement et le début de l’exil, c’est l’embarquement sur La Douce Amélie, un navire négrier, dans lequel règne une tension dramatique et où chaque coup de vent est ressenti. À son bord, 550 captifs, arrachés à leur terre ; un équipage, chargé de secrets ; un capitaine, vidé de son humanité ; Joseph, un chasseur de trésor ; et Alma. Mais Alma – héroïne sublime qui attire le regard au centre de la couverture très réussie de François Place – n’est pas une captive. Chez les Okos, le mot « alma » signifie libre.

Lire la rencontre avec Timothée de Fombelle et écouter le podcast

Alma, Le Vent se lève, Timothée de Fombelle, Gallimard jeunesse, 400 pages, 18 €.
400 pages, 18 €.

La plume de Timothée de Fombelle entraîne le lecteur dans le tourbillon de l’Atlantique grâce au souffle de l’aventure, tout en s’approchant au plus près d’une réalité très documentée sur la barbarie de l’esclavage.

La diversité des personnages permet au lecteur de mesurer la complexité et la monstruosité de cette tragédie historique encore peu connue.

Le conte, en écho à la culture africaine et à la lisière du fantastique, s’incruste avec poésie.

Les fils, qui se nouent et se dénouent, retiennent le lecteur en suspens… Il adore et il en redemande.

Articles similaires

#PartirEnLivre 2020 : une version inédite et digitale réussie

#PartirEnLivre 2020 : une version inédite et digitale réussie

Touche-moi, Susie Morgenstern, L’Ardeur, Thierry-Magnier

Touche-moi, Susie Morgenstern, L’Ardeur, Thierry-Magnier

Julian est une sirène, Jessica Love, Pastel

Julian est une sirène, Jessica Love, Pastel

Des vacances timbrées, Mathilde Poncet, Les Fourmis rouges

Des vacances timbrées, Mathilde Poncet, Les Fourmis rouges

No Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Abonnez-vous à Livresse

Blogs autour de la littérature jeunesse

Blog Coup de Cœur Chapitre.com
Livresse a été sélectionné comme Blog Coup de Cœur par Chapitre.com