Angel, l’indien blanc de François Place

Un roman d’aventure au XVIIIe siècle dans les terres australes et fantastiques qui m’a transportée bien au-delà ! 

Angel, Indien né d’un viol est élevé par une mère française et esclave qui lui a transmis le goût de la vie. Ou plutôt de la survie. Car si ado, il est encore capable d’embarquer à Buenos Aires clandestinement sur le Neptune, cela tient plutôt du miracle. Quelle vie peut être pire que celle qu’il a  jusqu’alors vécu ? Direction les glaces du Grand Sud. Découvert à fond de cales, Angel se retrouve moussaillon en compagnie d’explorateurs et d’intellectuels aux certitudes bien différentes. Il observe l’horizon et ses compagnons et découvre une étrange et inquiétante terre brumeuse et fabuleuse habitée par les Woanoas, humanoïdes à deux bouches. Avec Corvadoro, un Vénitien érudit, il est pris en otage par ce peuple aux mœurs étonnantes et rigoureuses mais auprès duquel il se sent plutôt bien. Mais sa venue ne plaît pas à tous…

Aventure. Une fois les présentations (rapidement) faites, le lecteur se retrouve à bord du Neptune. Au XVIIIe siècle prendre le large est une épopée en soi. Dès les premiers miles parcourus, le lecteur ressent le souffle épique de l’aventure et le froid des glaces du Grand Sud.

Cartographie. Que diriez-vous d’embarquer dans une expédition vers des lieux inconnus qui n’existe sur aucune carte à part celle qui sort tout droit de l’imaginaire de François Place ? Les contours des terres se dessinent dans l’esprit du lecteur prouvant que l’auteur-artiste est autant à l’aise avec les mots qu’avec les crayons.

Altérité. Comment chacun se confronte à l’Autre ? À travers le regard pur d’Angel, sans jugement et bien éloigné de celui des hommes de sciences, l’auteur donne à voir sans préjugés les habitudes et coutumes d’un peuple en harmonie avec la nature. À travers le regard de Corvadoro, il propose une analyse intellectuelle où les certitudes sont ébranlées par des doutes et des remises en question. À travers les regards des autres hommes de sciences, il montre combien la réalité peut être bafouée au nom d’une vérité scientifique peu recommandable.

Initiatique. L’adolescent est initié aux coutumes des Waonoas avec ses congénères. Un passage obligé pour basculer dans la vie d’adulte. Son courage est mis à l’épreuve. Il découvre l’amitié et subit aussi la haine.

Imaginaire. La frontière est poreuse entre le réel et l’imaginaire comme toujours dans les romans de François Place. Du coup, quand le fantastique s’en mêle, le lecteur ne fait plus la distinction (enfin moi). J’ai même vécu un moment en suspens  (voire en apnée) où j’étais littéralement accroché aux mots. Une expérience incroyable mais quel plaisir !

Écriture. Que du bonheur ! Certes, classique, mais d’une richesse savoureuse…

Après La douane volante (une merveille pour les grands), Le secret d’Orbœ (une merveille pour les yeux), François Place signe un troisième roman merveilleux, forcément ! Ok. Je manque un peu de distance mais quand on aime on ne compte pas les répétions 😉 !

Casterman
Angel, l’indien blanc, François Place, Casterman, 240 pages, 15 €. Dès 10 ans.

 

 

 

 

 

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