Aspergus et moi, Didier Lévy et Pierre Vaquez, Sarbacane

Un album esthétique, tout en nuances, entre noir et blanc, qui interroge l’art et sa part d’enfance. Le livre a été récompensé par le prix Landerneau.

Moi est un rat qui travaille pour le célèbre peintre Franz Aspergus. Il est assistant couleur et fabrique les noirs : des lumineux et des ternes, des froids et des chauds, des timides et des brutaux. En observant chaque superbe illustration (des gravures à la manière noire (1)), qui ouvre les portes de l’atelier de l’artiste où s’affaire de nombreuses petites mains, on peut les distinguer. En tout, il y a 21 noirs différents.

Le soir, le rat reste dormir sur place, lui qui n’a pas de logis. Une nuit, il ose rejoindre l’artiste et se met à converser avec lui. Franz Aspergus, un peu ivre mais surtout déprimé, remet en cause ses tableaux. Il aimerait revenir en arrière, retourner à la source et tenir son pinceau comme un enfant.

C’est à ce moment-là que le rat a une idée de génie. Il lui montre le chemin pour retrouver cette « première fois », pure, intacte et spontanée.

Quel est le lien entre l’art et l’enfance ? Cet album interroge la création et sa source, parle de remise en question et de capacité à repartir de zéro, et oppose les contraintes académiques à la liberté inventive. C’est aussi l’histoire d’une rencontre singulière, d’un petit qui sauve un grand, et d’une lumière orangée qui éclaire un nouveau départ coloré.

L’album a reçu, mardi 13 mars, le prix Landerneau jeunesse 2018, présidé par Timothée de Fombelle.

Aspergus et moi, Didier Lévy et Pierre Vasquez, Sarbacane, 40 pages, 17,50 €. Dès 6 ans.

 

(1) La manière noire est une technique d’estampe inventée en 1650 pour la reproduction de tableaux. La gravure se fait sur une plaque de cuivre poli, marquée d’une multitude de points à l’aide d’une lame d’acier appelée berceau. Après cette étape qui peut prendre plusieurs jours, le graveur reporte son dessin, avec un papier calque, sur la plaque ainsi striée puis efface plus ou moins le grain créé pour faire naître un jeu d’ombre et de lumière. La plaque est ensuite recouverte d’encre puis essuyée aux tampons de gaze avant d’être finalement pressée.

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