Le cœur en braille, quatre ans après de Pascal Ruter

Retrouver un personnage que l’on adore est un plaisir dont il serait dommage de se priver !

C’est l’été et la canicule. Victor a 17 ans. Il vient de passer son bac de français. À l’oral, il a remplacé les madeleines de Proust par des loukoums. Il n’y a que Victor pour revisiter Du côté de chez Swann avec autant de douceur. Le jeune homme a toujours été maître dans l’art d’adoucir les aigreurs de la vie. Là, il s’en prend même aux pâtisseries un peu sèches !

Mais durant cette période estivale, Victor, empêtré dans un corps adulte qu’il doit apprivoiser, va être légèrement dépassé par la tonne de sucres qui va lui tomber sur le bout du nez et un emploi du temps particulièrement chargé : une Marie-José amoureuse impatiente de passer à la vitesse supérieure, une antiquité de manège à sauver de la ruine, un Haïçam devenu fou avec son roi qui risque de perdre un tournoi… et, surtout, une dénommée Sally qui met son père en émoi et qu’il doit aider à retrouver la mémoire pour qu’elle redevienne Simone, sa mère !

Bref, dans ce tome 3, le lecteur assidu n’est plus surpris par cette famille farfelue avec qui il a déjà passé deux tomes mémorables, mais cela ne nuit en aucun cas au plaisir de la retrouver.

Victor a certes perdu en spontanéité enfantine mais sa maladresse de grand ado en fin de métamorphose est aussi très touchante et son regard, toujours décalé, sensible et poétique.

Marie-José, si posée dans le tome 1 (qui chronologiquement est le tome 2), est désormais une jeune musicienne épanouie, entreprenante et libérée.

Sally alias Simone est méconnaissable : elle déteste les flamants roses de la salle de bains qu’elle a pourtant tant désirés dans le tome 2 (chronologiquement le tome 1).

Face à elle, le père de Victor, en âge de faire un check-up, retombe vingt ans en arrière ce qui ne peut qu’approfondir la complicité père-fils.

Et la Panhard dans tout ça ?

Autant dire qu’on ne s’ennuie pas dans ce troisième et dernier tome où l’on retrouve également Oncle Zack, Julie, Etoile, le père d’Haïçam et Lucky Luke… une galerie de personnages inoubliables. Mais pour l’apprécier comme il se doit, la lecture des deux précédents tomes (dans le sens que l’on voudra) est hautement recommandée.

Didier jeunesse
Le cœur en braille, quatre ans après, Pascal Ruter, Didier jeunesse, 320 pages, 14,20 €. Dès13 ans.

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