Mauvaise connexion

L’un des deux premiers titres d’une nouvelle collection pour les ados chez Talents Hauts

Julie, 14 ans, traverse une crise. En conflit avec sa mère, elle se cherche, a besoin que l’on s’intéresse à elle et rêve de devenir top modèle. Alors quand Laurent, via internet, lui écrit ce qu’elle a envie de lire, elle se laisse charmer par cet inconnu virtuel mais se retient d’en parler à sa meilleure amie de peur d’être ridicule. Ce silence et l’isolement qui en découle et dans lequel elle se mure est le début d’un engrenage terrifiant qui se déroule dans sa propre chambre. La jeune fille devient Marilou sous l’emprise d’un cybercriminel et de ses propres sentiments de honte et de culpabilité.

Honnêtement, j’ai eu envie plus d’une fois de secouer Julie pour la réveiller de cet envoûtement pervers et dérangeant. En même temps, Julie est fictive mais ce  qu’elle vit est déjà paru dans la rubrique Faits divers pour de vrai… Comment en arriver là ? Le roman tente de démonter le mécanisme :  une fragilité, un isolement, des sentiments ambigus, un dédoublement de la personnalité, un (faux) espoir, de la peur, une négation de soi et de son corps, une manipulation, un harcèlement… Heureusement pour Julie, il lui reste un instinct de survie et c’est grâce à internet aussi que la jeune fille va s’en sortir. Sur la toile  se cotoient le pire et le meilleur, autant le savoir dès le plus jeune âge.

 

Talents Hauts
Mauvaise connexion, Jo Witek, Talents Hauts, 96 pages, 7 €. Dès 14 ans.

J’avoue avoir mis un peu de temps pour vous parler de ce livre paru en septembre 2012. En même temps, je ne l’ai découvert qu’en décembre au Salon de Montreuil. Ceci explique un peu cela. Et puis mieux vaut tard que jamais. Du coup, j’en profite pour vous parler de la collecton EGO. Comme toujours, les éditions Talents Hauts affichent leur ligne :

« Des romans pour réfléchir, comprendre, s’émouvoir, se libérer sur le sexisme, l’identité, la différence, la discrimination, l’amour, la violence, la résistance, la solidarité, l’égalité, la liberté… »

Le deuxième titre, paru aussi en septembre, est signé Hervé Mestron, un auteur que j’apprécie pour la musicalité et la musique dont sont imprégnés ses romans. « Là, il n’y a pas de musique, m’a t-il prévenu. C’est le bruit des baffes qui domine. » Touche pas à ma mère (chroniqué par ma collègue Laetitia) traite de la violence conjugale, un thème peu abordé en littérature jeunesse même si deux titres me viennent tout de suite à l’esprit : Mercedes Cabossée d’Hubert Ben Kemoun et La première fois on pardonne d’Ahmed Kalouaz que j’ai bien l’intention de chroniquer un jour en lecture de rattrapage. D’ailleurs, il fait partie de ma fameuse liste  comme Mauvaise connexion !

 

Talents Hauts
Touche pas à ma mère, Hervé Mestron, Talents Hauts, 64 pages, 7 €. Dès 14 ans.

Le prochain titre de la collection est prévu en automne.

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