Mon père est américain de Fred Paronuzzi

Une lecture de rattrapage grâce au Prix ados de Rennes !

Léo n’a jamais vu son père. Il sait juste qu’il est Américain. Sa mère est tombée amoureuse alors qu’elle vivait de petits boulots aux États-Unis. De cet amour éphémère est né Léo. L’amoureux, lui, est parti. Sans laisser d’adresse. Pendant quinze ans, Léo grandit avec cette absence qu’il fantasme. Un père américain, ça en jette ! Jusqu’au jour où il découvre des virements réguliers aux États-Unis sur des relevés de banques. Il réalise alors que son père a une adresse bancaire et que sa mère lui ment depuis sept ans. Il a du mal à encaisser, tente d’obtenir des explications, se dispute avec sa mère… Mais la vérité est dure à dire. Son père a été condamné à la peine capitale et attend son exécution dans une prison de l’autre côté de l’Atlantique.

Le ton et le style. Ado en vrille face au mensonge, cela donne une quête de vérité sur un ton oppressant et angoissant.  Puis vient l’urgence de rattraper le temps perdu et de nouer un lien malgré la distance, la culture et l’angoisse du couloir de la mort. Cela se traduit par des phrases courtes et un rythme saccadé. Le lecteur, lui, est en empathie avec Léo. 

Le thème principal. Peut-on pardonner à une personne condamnée à mort ? Voilà une question qui renvoie le lecteur au cœur de la notion de justice. A travers les lettres du père de Léo, l’absurdité de la peine capitale se dessine ainsi que l’inhumanité des prisons. Les droits des hommes y sont bafoués. Peut-on encore parler de justice ?

Le choix. Retrouver son père et risquer de le perdre à nouveau… Léo aurait pu ne jamais envoyer une lettre et continuer comme avant. Pourtant, il écrit à son père et fait renaître l’espoir chez un condamné qui, depuis sept ans, attend la mort. L’histoire ne dit pas si l’avocate, militante contre la peine de mort, sauve le père de Léo mais ses lettres montrent qu’il a retrouvé une raison de vivre. Même dans les pires moment.

Les histoires secondaires. Léo a presque 16 ans au début du roman. Son père a beau être un condamné à mort, il en reste un ado ordinaire. Exigeant en amitié, maladroit en amour et dans la lune en cours… Des histoires secondaires qui permettent de respirer entre les lettres qui parfois se font longues. Car comme Léo, le lecteur craint le pire…

Les phrases qui font mouche. Sorties de leur contexte, elles peuvent paraître banales. Qu’importe. Moi j’ai apprécié les lire. En voici quelques-unes :

– Page 24 : « J’aime faire les librairies. Ça a un côté rassurant les livres en attente de lecteur. »

– Page 90 : « L’écriture, c’est une autre discipline. La main impose son rythme. La pensée ralentit. C’est comme un océan qui s’apaise. »

Le roman est paru en janvier 2012 et a obtenu le Prix ados 2014. Un très bon choix. Il m’a permis cette lecture de rattrapage vivement conseillée par Enfantipages.

Thierry-Magnier
Mon père est américain, Fred Paronuzzi, Thierry Magnier, 142 pages, 9,10 €. Dès 13 ans.

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