Une vie de château endeuillée et ensoleillée

Une vie de château endeuillée et ensoleillée

La vie de château aborde avec délicatesse les attentats du 13 novembre, le deuil et la résilience dans un cadre royal. Ce roman junior est l’adaptation littéraire du film d’animation éponyme primé au festival d’Annecy en 2019.

En général, ce sont les livres qui sont adaptés au cinéma et non l’inverse. Pour La vie de château, film d’animation primé au festival d’Annecy en 2019, c’est le contraire. Et comme le film d’animation est une pépite qui fait le grand écart sur l’échelle des émotions avec finesse, difficile de ne pas avoir une petite appréhension en ouvrant le roman junior… Va-t-il être à la hauteur ?

https://youtube.com/watch?v=16f2z8etdyM

Une vie de château… vraiment ?

D’abord, ne pas se fier au titre, un tantinet trompeur. Exit les princes et les princesses de ce livre. Violette est une enfant d’aujourd’hui qui assiste à l’enterrement de ses parents, tués dans les attentats du 13 novembre. Pupille de la nation sous la responsabilité de Geneviève, assistante sociale, elle est confiée à son oncle Régis. L’homme bourru et taiseux est régisseur du château de Versailles et vit dans une bicoque perdue dans les jardins royaux. Violette le déteste. En plus, il pue. Il ressemblerait presque à un ogre…

Illustration de La Vie de château (L’école des loisirs)

L’histoire commence, cruelle et sombre, comme le sont souvent les contes. La perte et la peine tétanisent cette famille improvisée et endeuillée, incapable de communiquer. L’obstination de l’une, qui multiplie les fugues pour rentrer chez elle, et la maladresse de l’autre, qui est totalement déboussolé dans son travail, vont pourtant s’estomper, étape par étape, le temps du deuil. Les deux protagonistes vont finir par s’adopter avec l’aide subtil et merveilleux, d’une araignée géante (les tuyaux des bassins), d’une fée avec un plumeau (Olga), d’une souris (qui a le nez fin)…

Une adaptation fidèle et réussie

La vie de château, Clémence Madeleine-Perdrillat et Nathaniel H'Limi, L'école des loisirs, 108 pages, 11 €.
L’école des loisirs, 108 pages, 11 €.

Clémence Madeleine-Perdrillat et Nathaniel H’Limi, les réalisateurs et auteurs, ont su transformer les émotions suggérées par les images mutiques de leur dessin animé, par des mots orchestrés dans un roman choral poignant et joyeux. Certes, entre le film et le livre, très fidèle, l’expérience est différente mais se révèle, pour l’un comme pour l’autre, bouleversante. Car il est question des attentats du 13 novembre, de mort et de deuil. Mais il est aussi question de résilience.

Chamboulé, spectateur comme lecteur n’a pas tellement envie de laisser Violette et Régis. Il aimerait en voir et en lire davantage… ça tombe bien car une suite est prévue aussi bien sur les écrans que dans les pages.

Articles similaires

La saison 3 de Lire entre les lignes est en ligne grâce aux collégiens d’Aulnay-sous-Bois

La saison 3 de Lire entre les lignes est en ligne grâce aux collégiens d’Aulnay-sous-Bois

TEASER. La saison 3 de « Lire entre les lignes » se prépare au collège Simone Veil d’Aulnay-sous-Bois

TEASER. La saison 3 de « Lire entre les lignes » se prépare au collège Simone Veil d’Aulnay-sous-Bois

Beatrice Alemagna revient sur ses débuts d’autrice-illustratrice

Beatrice Alemagna revient sur ses débuts d’autrice-illustratrice

Anne-Laure Bondoux croit au pouvoir de l’écriture

Anne-Laure Bondoux croit au pouvoir de l’écriture

No Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Abonnez-vous à Livresse

Blogs autour de la littérature jeunesse

Blog Coup de Cœur Chapitre.com
Livresse a été sélectionné comme Blog Coup de Cœur par Chapitre.com