Une vie de château endeuillée et ensoleillée

Une vie de château endeuillée et ensoleillée

La vie de château aborde avec délicatesse les attentats du 13 novembre, le deuil et la résilience dans un cadre royal. Ce roman junior est l’adaptation littéraire du film d’animation éponyme primé au festival d’Annecy en 2019.

En général, ce sont les livres qui sont adaptés au cinéma et non l’inverse. Pour La vie de château, film d’animation primé au festival d’Annecy en 2019, c’est le contraire. Et comme le film d’animation est une pépite qui fait le grand écart sur l’échelle des émotions avec finesse, difficile de ne pas avoir une petite appréhension en ouvrant le roman junior… Va-t-il être à la hauteur ?

Une vie de château… vraiment ?

D’abord, ne pas se fier au titre, un tantinet trompeur. Exit les princes et les princesses de ce livre. Violette est une enfant d’aujourd’hui qui assiste à l’enterrement de ses parents, tués dans les attentats du 13 novembre. Pupille de la nation sous la responsabilité de Geneviève, assistante sociale, elle est confiée à son oncle Régis. L’homme bourru et taiseux est régisseur du château de Versailles et vit dans une bicoque perdue dans les jardins royaux. Violette le déteste. En plus, il pue. Il ressemblerait presque à un ogre…

Illustration de La Vie de château (L’école des loisirs)

L’histoire commence, cruelle et sombre, comme le sont souvent les contes. La perte et la peine tétanisent cette famille improvisée et endeuillée, incapable de communiquer. L’obstination de l’une, qui multiplie les fugues pour rentrer chez elle, et la maladresse de l’autre, qui est totalement déboussolé dans son travail, vont pourtant s’estomper, étape par étape, le temps du deuil. Les deux protagonistes vont finir par s’adopter avec l’aide subtil et merveilleux, d’une araignée géante (les tuyaux des bassins), d’une fée avec un plumeau (Olga), d’une souris (qui a le nez fin)…

Une adaptation fidèle et réussie

La vie de château, Clémence Madeleine-Perdrillat et Nathaniel H'Limi, L'école des loisirs, 108 pages, 11 €.
L’école des loisirs, 108 pages, 11 €.

Clémence Madeleine-Perdrillat et Nathaniel H’Limi, les réalisateurs et auteurs, ont su transformer les émotions suggérées par les images mutiques de leur dessin animé, par des mots orchestrés dans un roman choral poignant et joyeux. Certes, entre le film et le livre, très fidèle, l’expérience est différente mais se révèle, pour l’un comme pour l’autre, bouleversante. Car il est question des attentats du 13 novembre, de mort et de deuil. Mais il est aussi question de résilience.

Chamboulé, spectateur comme lecteur n’a pas tellement envie de laisser Violette et Régis. Il aimerait en voir et en lire davantage… ça tombe bien car une suite est prévue aussi bien sur les écrans que dans les pages.

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